Projet 2020 : Citoyen Kinuko - Partie 2

données personnelles
Big Data
analyse comportementale
objets connectés
domotique

Kinuko utilise les services d’une entreprise de gestion en identité et réputation numérique en guise de data-courtier. Il prend une commission à chaque transfert, à hauteur d’un 1 GB. En échange, elle obtient des micro-crédits qu’elle peut utiliser chez les commerçants.

Ce service de gestion fournit et gère les différentes identités numériques de Kinuko, avec différents niveaux d’anonymat. Il y a son identité officielle, qu’elle utilise pour voter, payer ses impôts et ses contraventions. Il y a ses trois identités sur les réseaux sociaux : pour la famille et les amis, les jeux en ligne et tous les autres, et ses deux identités professionnelles : artisanat et musique.

Après que son compte en banque ait été piraté il y a 5ans, Kinuko a décidé d’avoir différents systèmes de paiements pour chacune de ses identités. Le risque est dilué mais garder une trace de tout peut s’avérer compliqué. Heureusement, son service de gestion s’en charge pour elle. Il surveille également sa présence et sa réputation, l’avertit à chaque fois qu’apparaît un nouveau contenu la concernant et la prévient dès que l’une des informations comportementales qu’elle émet est trop confidentielle pour être partagée avec d’autres.

Pour les gens de sa génération, se rendre dans une agence bancaire n’est plus qu’un lointain souvenir, tout comme les courses hebdomadaires au supermarché. Cela fait des années que les finances de Kinuko sont entièrement gérées en ligne et que ses paiements sont effectués grâce à son téléphone portable. C’est parfois sportif de vérifier scrupuleusement toutes les transactions mais l’application de reconnaissance vocale et rétinienne lui simplifient les choses.   

Kinuko ne travaille pas à plein-temps mais elle gagne suffisamment d’argent pour s’en sortir. Elle dirige une petite entreprise d’artisanat avec un groupe de personnes qu’elle a rencontré sur un réseau social professionnel. Ils fabriquent des gadgets et des jouets pour enfants grâce aux technologies d’impression 3D. L’équipe est présente dans le monde entier, conçoivent et gèrent le projet et les finances dans le Cloud. Pour engranger plus de chiffre d’affaire, ils sous-louent les ressources informatiques qu’ils n’utilisent pas.

Elle appartient également à un réseau de troc sur lequel elle négocie ses compétences et connaissances. Elle est une guitariste accomplie et les leçons en ligne qu’elle propose lui sont payées en crédit qu’elle peut réutiliser en formation de design technique. Elle collectionne également les micro-crédits pour ses performances mais parfois, elle les reverse dans un pot commun pour financer la production d’un film ou d’un livre. Elle dépense aussi beaucoup d’argent en jeux vidéo – trop selon les dires de sa mère. Elle s’est déjà faite avoir une ou deux fois avec des contrefaçons et n’a rien piraté cette année.

Kinuko est célibataire en ce moment mais elle vient de s’inscrire sur un nouveau service de rencontres, qui utilise les informations personnelles et comportementales pour la mettre en relation avec des personnes psychologiquement similaires. Elle a un rendez-vous en ligne avec un type de Mexico ce soir. Elle ne parle pas espagnol mas la traduction instantanée s’est tellement améliorée ces dernières années que ça ne devrait pas être un problème.

Une bonne partie des données concernant Kinuko sont fournies par des capteurs, qui envoient automatiquement les informations sans qu’elle en soit notifiée. Sa voiture transmet des informations sur son état à son garage. Ses aliments et produits ménagers sont automatiquement commandés dès qu’ils sont terminés et sa maison enregistre la consommation d’énergie. Même ses vêtements sont équipés de capteurs. Ses affaires de gym collectent les données cardiaques et celles relatives à ses performances. Cela permet à son entraîneur personnel en ligne de surveiller ses exercices et d’adapter son programme d’entraînement.

Pour Kinuko, porter des capteurs n’est pas dramatique mais elle refuse d’avoir un implant. Cela semble être la tendance dans certains pays, notamment par l’implantation de puces RFID dès la naissance. Les Gouvernements ont expliqué que c’était pour le bien de leurs concitoyens mais peu en sont réellement convaincus. Pour le moment, seules les communautés de joueurs se sont fait poser ces fameux implants mais certains ont rapidement été infectés par des malwares. Depuis que les réseaux de distribution d’électricité se sont développés, Kinuko a entendu parler de vols concomitants d’électricités et de données dans le monde. C’est déjà condamnable en soi mais le pire étant que cela vise surtout les pauvres. En effet, dans certaines zones, l’électricité et Internet passent par les mêmes tuyaux, pour des questions de coût, ce qui fait qu’un vol d’électricité est aggravé par un vol de données.

Mais quand Kinuko pense à son arrière-grand-père, elle est bien contente qu’il y ait autant d’objets connectés. Félix est âgé de 94 ans, vit seul et comme un grand nombre de personnes, il bénéficie d’une aide technologique à domicile. Les implants médicaux régulent son rythme cardiaque et son taux de sucre dans le sang, informant quotidiennement son gestionnaire médical. Sa maison est spécialement adaptée pour qu’il soit en sécurité et en bonne santé. Par exemple, le gaz est automatiquement coupé au bout d’une heure sans activité, sa baignoire ne se remplit qu’à un certain moment de la journée et la température de l’eau s’ajuste à celle de son corps. Des messages sur les réseaux sociaux sont postés toutes les deux heures permettant à sa famille et ses amis de voir que tout est normal.

Kinuko n’est pas inquiète quant à la perspective d’une possible interférence ou parasitage dans le système domotique de Félix. Tous les six mois ou presque, il y a une interruption dans la transmission des données car tous les capteurs ne sont pas compatibles entre eux. Il y a même eu des attaques terroristes sur les plateformes de traitement et des personnes âgées sont tombées gravement malades. Mais Kinuko pense aussi que Félix n’a toujours pas compris comment sécuriser son réseau : il se fait toujours avoir par des scams et ne sait pas faire la différence entre une application légitime et une application malveillante pour la maison. Elle a donc ajouté Félix sur son gestionnaire de risques.   

Commentaires

C'est fou tout ça...

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