Des smartphones sous surveillance ?

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Dans une lettre adressée aux PDG d’Apple, de Samsung, Google ainsi que Motorola et Microsoft – mais pas à RIM – le procureur général de la ville de New York a enjoint ces derniers à mettre rapidement en place des systèmes permettant de lutter efficacement contre le recel de téléphones portables.

Arguant du fait que les victimes de vol de smartphones pouvaient être molestées, poignardées voire même tuées et que leurs téléphones étaient ensuite nettoyés pour être revendus, Schneiderman a demandé ce que les compagnies avaient l’intention de faire pour réduire le nombre de crimes violents liés aux téléphones portables et que vu les bénéfices qu’elles réalisaient, elles se devaient de trouver une solution

L’histoire rapportée par le CNET USA ne dit pas si les dits PDG ont répondu et rappelle qu’il existe déjà un certain nombre d’applications – notamment pour l’iPhone permettant de localiser et de bloquer le téléphone à distance en cas de vol.

De son côté, Pescatore du SANS Institute renforce les lacunes de cette injonction. Soulignant également l’existence d’un certain nombre de service à disposition des utilisateurs pour bloquer les téléphones à distance, il ajoute qu’il existe également des assurances et que l’idée pourrait également être transposée aux voitures, alors qu’elles sont volées en plus grand nombre et que l’impact économique – on pourrait ajouter criminel – est plus important.  

La lettre n’a pas été publiée mais il en ressortirait que le Procureur interrogerait les sociétés précédemment citées sur ce qu’elles ont l’intention de faire pour mettre fin à ce problème de sécurité physique. Il les soupçonnerait de tirer avantage, sur le plan financier, des vols de smartphones et se demande pourquoi ces dernières – capable de mettre au point des systèmes sophistiqués – sont incapables de rendre inutilisables les téléphones.

Au-delà de la méconnaissance des téléphones portables et du marché actuel en la matière, on se demande surtout où Schneiderman veut en venir. Outre les applications déjà existantes pour localiser et bloquer les téléphones portables à distance, il convient de rappeler que les téléphones peuvent être bloqués à distance grâce au numéro IMEI et ce, par les opérateurs de téléphonie mobile et qui sont les seuls à pouvoir les débloquer une fois le blocage opéré, du moins en France. Ajoutons qu’aux Etats-Unis, changer le numéro IMEI d’un téléphone portable est une infraction fédérale en vertu du Patriot Act. Par ailleurs, une base de données a été constituée aux Etats-Unis afin de recenser tous les IMEI, modèles et détails des téléphones déclarés volés.

Le Procureur Général souhaiterait-il que certains programmes de « suivi » soient installés par défaut dans les téléphones, ce qui violerait le droit à la vie privée des personnes ? Dans la mesure où la lettre ne semble pas avoir été publiée, il n’est pas possible d’affirmer de façon péremptoire une telle hypothèse mais c’est effectivement celle qui vient en premier à l’esprit. L’esprit général de la déclaration est d’aller vers un blocage dur des téléphones.

L’argument sécuritaire a toujours bonne presse aux Etats-Unis, ce qui explique peu de voix se soient élevées contre la déclaration de Schneiderman. De la même façon, en France, la question de savoir ce qu’il est possible de faire sur le plan technique pour lutter contre le vol de smartphones revient régulièrement.

Quoiqu’il en soit, il est amusant de noter que cette déclaration arrive au bon moment : comme vous le savez, les magistrats sont élus aux Etats-Unis et les prochaines élections pour choisir le Procureur Général de la ville de New York auront lieu en Novembre 2014. Difficile de ne pas voir une manœuvre purement électorale dans la déclaration technico-sécuritaire de Schneiderman et il sera très intéressant de voir comment les constructeurs vont réagir face à cette injonction de faire. 

Commentaires

Ce qui me fait rire, pitié et peur à la fois c'est: "les victimes de vol de smartphones pouvaient être molestées, poignardées voire même tuées et que leurs téléphones étaient ensuite nettoyés pour être revendus"
Ou comment enfoncer encore plus ces Amerloqu* dans la peur pour mieux les manipuler...

Oh c'est plus simple que cela : le procureur voit une montée de la délinquance et pour éviter qu'on lui tape dessus, il détourne l'attention en faisant porter la responsabiltié sur les constructeurs.  

:) 

Je te rejoins là dessus. Et dans quelques années on pourra pourter plainte contre les constructeurs parcequ'on s'est fait voler son téléphone de la marque du constructeur en question (aux USA en tout cas).

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